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Première sortie publique

jeudi 11 juin 2009, par Eric P.

6 mai 2009, 9 heures : rendez-vous sur le cap d’Antibes, à notre petit port préféré, mais cette fois-ci en compagnie d’un groupe de jeunes expérimentateurs d’un collège voisin. La météo est splendide, et ça promet des coups de soleil en perspective

Deux animateurs de Planète Sciences Méditerranée sont sur les lieux, ainsi que le professeur accompagnateur, et commencent à organiser la petite troupe en deux groupes : l’un ira faire des observations directes du milieu marin avec un des animateurs, l’autre restera sur place pour utiliser le radeau. Et on permutera les équipes pour l’après-midi.

 Préparation des équipes

Côté radeau, les rôles sont distribués : il y aura le pilote du radeau, le responsable de l’enregistrement des mesures, le responsable du filin de sécurité et deux observateurs pour le positionnement du radeau aux emplacements où les mesures seront faites.

En effet, à l’aide d’une photo aérienne des lieux, des emplacements spécifiques ont été retenus pour les mesures, et un repérage de la position au moyen de repères à terre a été défini. Nos deux observateurs sont formés aux techniques de localisation par croisement d’alignements, et vont avoir la responsabilité de repérer le radeau par rapport à ces repères et de donner les indications voulues au pilote.

Le pilote est ensuite formé au maniement du radeau. Cela ne pose pas de problème particulier, car nos jeunes amis sont très familiers avec les manettes de jeux ;)

Nous procédons de même pour son assistant à l’enregistrement des mesures, ainsi qu’à celui qui devra s’assurer du bon déroulement du filin de sécurité : pas trop tendu pour ne pas gêner le radeau, mais pas trop lâche pour éviter les sacs de noeuds.

Tout cela se passe sous l’oeil quelque peu inquiet de pêcheurs à la ligne qui s’étaient installés sur une des digues, espérant passer une journée sympa au calme. Mauvaise pioche :)

  Déroulement des opérations

Notre dispositif se comporte plutôt bien, et les capteurs renvoient des mesures au PC qui les enregistre pour analyse ultérieure. De ce côté ça va assez bien.

Mais soyons honnêtes : tout n’a pas été 100% comme sur des roulettes. Après tout, c’était prévisible puisque c’était une première en grandeur nature.

Quelques anecdotes en vrac par conséquent, car c’est finalement cela le plus intéressant.

Episode 1

Après un bon moment de navigation sans histoire, nous décidons de prendre le large vers la zone de mesure. Tout se passe très bien, avec essais de la sonde en prime, jusqu’au moment où l’un des deux opérateur au PC me dit que la jauge des batteries propulsion tombe par moment à 50%, voire moins.

Stupéfaction, car toutes les batteries ont été fraichement chargées la veille, et il y largement de quoi naviguer un bon moment. En plus, le jeune mousse me dit de manière répétée : "C’est bon maintenant, c’est à 100%", puis quelques instants après : "c’est de nouveau à 60% seulement". Faux contact quelque part ? Difficile à croire vu le type de connecteurs utilisés. J’en suis là de mes interrogations, quand le pilote me dit qu’il n’arrive plus à manoeuvrer. La situation devient alors inquiétante car le courant et la brise ont tendance à pousser le radeau vers des rochers.

Passage en mode urgence : je lui demande de ne plus toucher aux commandes, me précipite vers celui qui s’occupe du filin de sécurité et commence à haler le radeau. Pas facile, car notre jeune opérateur filin n’a pas été très attentif visiblement et le filin est passé de l’autre côté d’une tête de roche affleurante. Au bout d’un moment à batailler, on arrive à ramener la précieuse embarcation à portée de main et on la sort enfin de l’eau.

L’explication du mystère tombe alors d’un coup : c’est une vraie pelote entre les propulseurs. Malgré les indications insistantes concernant le fait de ne laisser dérouler que la longueur de filin nécessaire, l’opérateur a en réalité fait un peu n’importe quoi et envoyé plus ou moins toute la bobine à l’eau. Comme le pilote n’a pas non plus été attentif à éviter de faire des tours sur lui-même, on a commencé à tricoter avec le radeau. Et pour couronner le tout, les diverses tentatives de manoeuvres ont conduit à l’aspiration du filin par les hélices, malgré leur carénage, et à coincer le tout. La chute de la jauge des batteries moteur correspondait tout simplement aux moments où le pilote mettaient les gaz alors que les moteurs étaient bloqués. Il n’y a plus qu’à espérer que les variateurs ont tenu le coup.

Le radeau est remis sur ses tréteaux et on commence patiemment à démêler la pelote. Il a fallu démonter le carénage des propulseurs pour aller plus vite.

Episode 2

Au bout d’un bon moment on s’en est sorti, et c’est alors qu’un de nos jeunes amis n’a rien trouvé de mieux à faire que de remonter un des carénages, alors que personne ne le lui avait demandé de le faire. Bien entendu, il l’a fait sans prendre la précaution de nettoyer le sable, alors que c’est une des premières choses qu’on avait expliquées pendant le montage de l’embarcation en début de matinée, en donnant l’exemple (vécu) de l’infortuné véliplanchiste qui se bat avec son wishbone coincé par le sable.

Et pour faire les choses en grand, il avait bien entendu forcé pour tenter d’emboiter les morceaux.

Voyant le moment où la pièce en plastique allait casser sous les efforts imposés, je commençais à avoir des envies de meurtre par noyade :) Heureusement, à force de patience et de persuasion, ça c’est bien terminé. Plutôt costaud notre radeau ;)

Episode 3

Nous en étions parvenu au terme de la remise en état de Medusa et j’étais alors sur le point de tester le bon fonctionnement, mais impossible d’établir la communication radio entre le PC et le radeau.

Allons bon, c’est la journée. Je remplace alors la liaison radio par une connexion directe avec le câble de communication : même résultat. Me souvenant alors des soucis rencontrés il y a quelques temps lors de la mise au point de la sonde, je la débranche. Tout se remet à marcher. Il y a donc un problème avec cette sonde.

Alors que je me creusais le ciboulot pour trouver la cause du problème, un des jeunes me dit : "Monsieur, il y a de l’eau dans la sonde". QUOI ? Impossible, c’est une lampe de plongée étanche, et nous se sommes descendus qu’à 2 ou 3 mètres au maximum. Mais non, il avait raison et la partie transparente laissait effectivement apparaitre un léger fond d’eau.

Catastrophe : ouverture rapide de l’objet et vidange de l’eau. Une rapide inspection montre que l’entrée d’eau s’est faite par le presse-étoupe d’arrivée du câble, et que l’eau de mer a donc ruisselé sur la carte électronique. Pas étonnant après cela que la sonde ne réponde plus...

Et là, j’ai envie de me donner des coups de pied au Q. Pour une raison inconnue, lors de l’assemblage final de la sonde, j’avais hésité à serrer le presse-étoupe avec une clé, de crainte que les collages ne résistent pas à un tel effort. Je m’étais donc contenté d’un serrage à la main. Cela suffisait peut-être pour les tests d’étanchéité faits ensuite dans l’évier, mais dès que la pression est montée un peu, c’était totalement inefficace. D’où l’entrée d’eau.

Bon, eh bien il n’y a plus qu’à espérer que rien n’a grillé là-dedans... En attendant, on reconfigure le radeau pour ne pas utiliser la sonde, afin que le groupe de l’après-midi puisse faire quelque chose. Heureusement que nous avons les capteurs de surface.

 Résultat des courses

Malgré toutes ces péripéties, la journée a quand même été une réussite : les jeunes ont été très intéressés et participatifs, ils ont réussi à faire des mesures aux emplacements qu’ils avaient sélectionnés, leur professeur était content de l’opération et le radeau ne s’est pas si mal comporté que cela, malgré les misères subies et le clapot ainsi que la brise soutenus en fin de manip.

Bonnes nouvelles également lors de l’auscultation du patient de retour à la maison : après rinçage et séchage soigneux de la carte électronique de la sonde, elle a remarché sans problème. Il faut reconnaitre que les composants électroniques sont beaucoup plus résistants de nos jours que dans ces années pas si lointaines où le seul fait de les toucher à mains nues pouvait les faire griller.

Quelques enseignements techniques et devoirs de vacances :
- revoir le code embarqué afin qu’un souci au niveau de la communication avec la sonde ne bloque pas le programme comme cela se passe actuellement, et fasse donc perdre le contrôle du radeau
- s’assurer d’un serrage correct du presse-étoupe de cette même sonde, et si possible vérification sous pression (je voulais le faire en improvisant un caisson hyperbare avec la cocotte-minute de madame, mais n’en ai pas eu le temps)

Une suggestion également de la part d’un des animateurs : réaliser une tourelle 2 axes pour pouvoir orienter la caméra (il y en avait une sur le pont) depuis le poste de contrôle. Une petite carte I2C pour contrôler des servos sera donc à réaliser, avec quelques adaptations des divers logiciels à la clé afin de contrôler les mouvements de la caméra au moyen de boutons disponibles sur la manette de commande.

 L’album photo de la journée

Quelques photos sympas pour terminer :

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Préparatifs sous l’oeil intéressé d’un des jeunes expérimentateurs
C’est un passioné de photo qui n’a pas arrêté de mitrailler toute la journée
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Medusa en pleine mer
On peut voir nos équipiers au filin de sécurité au bout de la digue
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Medusa rentre au port
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La photo de famille en fin de journée
N’essayez pas de reconnaitre les participants : nous en avons flouté les visages pour des raisons évidentes

On peut effectivement constater sur les photos que notre responsable du filin de sécurité avait tendance à regarder partout... sauf le radeau !! Pas étonnant que nous ayons rencontré quelques déboires avec le filin...

A suivre...

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